Monthly Archives: septembre 2013

Manuel numérique de philosophie

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Vous pourrez télécharger ici le manuel numérique de l’élève si le téléchargement sur Liberscol ne fonctionne pas. Apparemment le serveur du lycée rencontre quelques difficultés en ce moment mais… comme vos professeurs sont des professionnels aguerris aux nouvelles technologies, vous aurez toutes les informations en ligne.

 

Lecture obligatoire pendant les vacances :

Epicure, Lettre à Ménécée, GF

Lectures conseillées pour les vacances :

La Rochefoucauld, Maxime 372

Sophocle, Antigone (pièce de théâtre)

Spinoza, Lettre 58 à Schuller

Descartes, Lettre à Chanut du 6 juin 1647

Descartes, Lettre au marquis de Newcastle du 23 novembre 1646

 

 

 

Manuel numérique de l’élève TS

 

Manuel numérique de l’élève T ES

 

 

Chronique n°19: Anatomie du cauchemar

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Anatomie du cauchemar, anthologie d’horreur publiée par les éditions House of Made Dawn, 2013

La jeune maison d’édition House of Made Dawn démarre avec une première anthologie d’horreur illustrée par Cyril Pi R.

Déjà le fichier pdf annonce 426 pages. Cela me paraît un peu gros. C’est la taille d’un bon roman, pas d’un recueil de petites nouvelles. J’étais sceptique au départ. Allais-je trouver la motivation de tout lire ? Je suis un gros lecteur, je descends rapidement les pavés quand je suis motivé mais quand on doit jongler avec le travail et la vie privée, on n’a pas forcément le temps de tout lire (et tous ceux dont la table de chevet et/ou la liseuse sont encombrés m’ont compris). J’ai fini l’anthologie en trois jours. Chaque auteur a choisi une branche bien particulière de l’horreur (slasher, folie, monstre fantastique, magicien maléfique, nuit noire, etc.) et s’est tenu à son style. Les références aux films et aux livres d’horreur sont palpables. La lecture est agréable, mais je vous laisse en juger…

Arctique par David Coulon

Je le dis souvent : ce n’est pas évident de démarrer une anthologie. L’éditeur doit choisir avec soin la nouvelle qui ouvrira le bal et donnera le ton. Choix étrange : la première histoire ne comporte pas d’élément surnaturel. On est plus dans l’horreur « psychologique ». C’est un peu gênant. Quand vous allez au cinéma, vous avez le choix entre deux types de films d’horreur. Dans les premiers, des personnes plus ou moins innocentes se font décimer par des créatures surnaturelles (vampires, loups-garous, zombies, fantômes japonais, etc.) Le spectateur balise quatre-vingt-dix minutes puis revient à la réalité. Ouf ! Mon appartement et ma télévision sont toujours là. Pas de monstre sous le lit. On joue à se faire peur. Dans les seconds, la menace est humaine et donc plus crédible. Hannibal pourrait être votre voisin. On s’inquiète avant et après (il paraît que maintenant, avec l’omniprésence des séries policières à la télé, les enfants développent de nouvelles phobies liées aux serial killers). Tout humain peut craquer et devenir un monstre. C’est bien plus inquiétant. Une amie m’a raconté un jour que lors de son premier amphi de psycho, l’enseignante a débuté en disant « nous sommes tous psychotiques ».

L’histoire commence normalement avec un couple en bout de course qui cherche un second souffle. Mais on sent dans la narration que les pensées du personnage principal sont de plus en plus déstructurées. L’escalade dans la violence conduit rapidement à la perte du contact avec la réalité.

Un joli petit coin par David Miserque

David Miserque m’a déjà bien fait rire dans le dernier numéro d’Absinthe avec son tour de magie. Du coup, je suis intrigué de le trouver dans un registre sombre.

On commence avec une voiture perdue au milieu de nulle part. Du propre aveu de l’auteur, c’est un grand classique. Au-delà de King et de Masterton, je pense que la moitié des films d’horreur et des épisodes de Supernatural commencent de cette manière mais c’est bien humain. Quoi de plus inquiétant que de se retrouver perdu au milieu de nulle part ? N’est-ce pas la peur primale de l’humain égaré dans la nature et cerné de bêtes féroces ?

La nouvelle est archi-classique dans sa construction mais elle est très bien écrite. L’auteur joue avec le second degré. C’est tout à fait le genre de scène qu’on attendrait d’un bon film d’horreur au cours des quinze premières minutes. Comme il s’agit d’une nouvelle et que l’auteur laisse une fin ouverte on est libre d’imaginer ce qui va suivre…

Colère noire de Thomas Baronheid

L’idée des mineurs piégés avec un monstre rappelle une triste actualité ainsi qu’un film d’horreur (le remake de Mortelle St-Valentin il me semble). Depuis The descent, les réalisateurs ont semble-t-il redécouvert l’intérêt de la claustrophobie. Nul besoin de tuer un personnage par minute quand le simple fait de respirer terrifie le spectateur. Le choix du lieu par l’auteur est sacrément pertinent pour une nouvelle d’horreur.

On se demande pendant un moment si le fameux diable des mines n’est qu’une hallucination. Finalement, je trouve que c’est le décor qui marque le lecteur, davantage que les personnages.

L’abomination dans l’assiette de Henri Bé

Parodie de Lovecraft. L’auteur a choisi de raconter une histoire située aux Etats-Unis (logique) mais c’est étrange de constater que de nombreuses nouvelles horrifiques du recueil prennent place à l’étranger.

Le pastiche est réussi. L’auteur a su retrouver le style de Lovecraft en le transposant à notre époque.

L’amour écorché par Cindy Paillet

Un manoir hanté au sein d’une dense forêt, un jour de pluie. A priori, le décor est encourageant. L’auteur a choisi un héros anonyme, ce qui est finalement aussi inquiétant.

Je trouve la construction de l’histoire bien dosée. On progresse par paliers. L’auteure ne joue pas sur le gore ou les taches de sang. Elle crée une atmosphère. Elle joue avec les histoires et le décor.

Petites pensées métaphysiques de David Coulon

On part d’un questionnement métaphysique et on poursuit avec des expériences sadiques.

J’aime assez le style qui me rappelait assez celui de Métaux lourds. Et pour une raison que j’ignore la série d’expériences a fait remonter de mes souvenirs une scène de la série The Shield dans laquelle un inspecteur étrangle un chat pour essayer de comprendre ce qui peut motiver un tueur. Le personnage de la nouvelle semble porté par ce type de désir malsain au carré.

La nouvelle a le mérite de posséder aussi une fin inattendue.

Nous chanterons sous le soleil de Colin Manierka

Un bon western. Cela me rappelle un peu les nouvelles de western de Robert Howard. Le cheminement de l’histoire m’a beaucoup plu : l’enchaînement est imprévisible mais cohérent.

En boucle dans la vallée par Aleister K

Un couple revient d’une soirée ennuyeuse et passe par une forêt dont ils ne sont pas sûrs de ressortir.

Ici l’horreur prend une tournure résolument magique et fantastique. L’angoisse construit dans le décor.

Zombies et mescaline par Damien Buty

La nouvelle est en réalité un chapitre d’un roman en cours de co-écriture donc si vous aimez cet épisode, il y a fort à parier que vous voudrez lire l’aventure intégrale des quatre survivants de ce monde post-apocalyptique.

L’histoire est plus dans le délire humoristique que dans l’horrifique même si on se paye de bonnes tranches de zombies et de coins glauques. L’auteur nous offre encore quelques clins d’œil à Lovecraft savamment disséminés.

Les voleurs de vie de Christophe Semont

Expédition dans une jungle latine. Le décor et l’équipe me faisaient beaucoup penser au premier Predator, Schwarzenegger en moins.

J’ai bien aimé cette nouvelle. Pour une fois, les humains réagissent au lieu d’attendre bêtement de se faire décimer par les monstres. On est plus dans le récit d’aventure.

Habla bien de Aca par Damien Buty

Il me semble qu’il s’agit de la nouvelle la plus longue du recueil, presque cent pages sur mon pdf. Histoire conséquente.

Un ancien des forces spéciales. Des marabouts. Plein de magie. J’adore. Jolie guerre magique. On va de révélation en révélation comme un bon thriller. Assez peu d’horreur, l’histoire prend une tournure action.

J’étais sceptique en lisant le titre mais j’ai lu cette novella d’une traite. A mes yeux (et c’est un jugement purement subjectif) c’est la meilleure histoire de l’anthologie. L’horreur est assez peu présente mais l’intrigue est vraiment prenante.

Lune rousse de Romano Vlad Janulewicz

On s’attend à une histoire de loup-garou mais l’histoire embraye assez vite sur celle d’une femme battue. Je n’ai pas aimé cette nouvelle à cause du dénouement mais je reconnais la qualité d’écriture de la nouvelle. La tension est subtilement amenée. Même si on devine ce qui va arriver, l’humanité des personnages fait ressortir l’horreur du drame.

Le puits a faim par Renaud Ehrengardt

La dernière nouvelle a été écrite par le directeur général de la maison d’édition qui publie cette anthologie. Si je devais deviner… je dirais que c’est un grand fan de l’horreur.

Un vieux couple se retire à la campagne dans une étrange maison dont le sous-sol obscur est occupé par un puits scellé.

Je dirai juste « flippant ». Finalement on conclut l’anthologie sur un petit frisson. C’est très Stephen King dans le traitement. Les choses ont presque l’air « normales » jusqu’au bout.

Je termine avec un petit mot sur l’anthologie. Je ne sais pas si vous êtes du genre à rester dans la salle de cinéma après la fin du film. Certains fanatiques veulent lire tous les noms du générique. Parfois, le monteur a gardé un petit bêtisier et parfois on attend dix minutes pour voir une scène inintéressante de dix secondes. Mais quand il s’agit d’horreur, que faîtes-vous ? Préférez-vous rester dans l’obscurité ou voulez-vous rejoindre la lumière le plus vite possible ?

 

 

Chronique n°18: Destination univers

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Une anthologie qu’on m’avait recommandé à Trollune et le résultat est intéressant. Le thème est classique mais les nouvelles sélectionnées sont de grande qualité (il me semble que la moitié des auteurs sont déjà des romanciers confirmés). L’influence de Star Wars (les romans) est énorme et se retrouve à toutes les pages de cette anthologie.

–          Les tiges de Thomas Geha

Rappelle beaucoup Star Wars NJO avec les biotechnologies utilisées dans des combats spatiaux.

–          Evaporation et sublimation d’Anthony Boulanger

Nouvelle primée et on comprend pourquoi. Début excellent. Un récit mythique grâce aux oiseaux suivi d’une histoire de science-fiction parfaitement maîtrisée jusqu’au dénouement final.

Les chasseurs équipés de canons à « trous noirs » rappellent également l’armement des yuuzhan vong du NJO.

(Impressionné par le style de cet auteur que je « croise » assez souvent, j’ai acheté son premier livre Ecosystématique… que je chroniquerai probablement le mois prochain)

–          Le bal des méduses de Célia Deiana

Un petit enfant perdu sur une station spatiale encombrée de cadavres et d’extraterrestres hostiles. Et les méduses dans tout ça ? Elles forment un immense nuage rose dans l’espace et seuls les Vogueurs peuvent plonger dans cette mer.

L’atmosphère rappelle davantage Alien que Star Wars. On se retrouve avec des enfants vulnérables dans une zone décimée par un monstre.

–          Sleeping beauty

Un père et son fils essaient de maintenir leur vaisseau à l’écart du système mais la réactivation d’un ancien système va les obliger à retrouver la maman.

J’aime bien l’univers et les personnages de cette nouvelle mais il me manque une fin. L’histoire suit bien un déroulement avec des rebondissements et une chute mais elle me paraît un peu trop ouverte, à moins de prendre la nouvelle sous l’angle des sentiments auquel cas on lirait les relations sous un nouvel angle.

Là encore on retrouve des thèmes classiques de la science-fiction avec le petit garçon surdoué pour réparer les machines (au choix le bâtard de Palpatine ou le jeune Anakin Skywalker de l’épisode I).

–          Le gambit de hunger

A chaque fois que je lis le titre, j’ai l’impression de voir « le gambit du hutt » (autre titre de SF Star Wars). Une chasseuse de prime (plus Samus que Boba fett) traque le pirate le plus dangereux de la galaxie. Ce dernier s’avère doué de pouvoirs télépathiques, d’où sa capacité à retourner les équipages.

–          Le marathon des trois lunes

J’avais adoré le film Shaun of the dead avec Simon Pegg et notamment les scènes de fin (quand on voit les zombies récupérés par les grandes entreprises). Cette nouvelle me fait un peu le même effet. L’auteur part d’un contexte horrible : une population contaminée par un virus. On démarre avec une sorte de 28 jours plus tard mais les survivants ont reconverti les contaminés en vue d’un grand jeu sportif. Le résultat est divertissant.

–          Les Dieux bruyants

Une nouvelle parfaitement dans mon style. Les héros ne sont pas des humains mais des formes de vie extra-terrestres étranges à mi-chemin entre un arbre de la jungle et un poulpe dotés d’un étrange système de communication à base de couleurs. Les gentils animaux sont envahis par de prétendus « dieux bruyants » qui, on le devine, sont des humains… Une réflexion décalée sur notre rapport à la nature. J’ai bien accroché aux personnages alors qu’ils n’ont rien de commun avec nous.

–          Le Khan Mergen

Et on finit avec une sorte de nouvelle science fantasy. On pourrait parler de SF du terroir. Le style est plus proche d’un Star Trek à l’ancienne que d’un Star Wars. Dans un futur proche où l’homme voyage parmi les étoiles, certaines communautés s’implantent sur des planètes pour y fonder des sociétés archaïques engoncées dans les coutumes. En apparence, le système fonctionne mais quand le héros revient parmi les siens pour récupérer une nouvelle recrue, il constate les limites de sa civilisation d’origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chronique 17: Absinthe n°6 « Nouveau départ »

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Absinthe est un webzine (gratuit), mensuel, spécialisé dans les littératures de l’imaginaire. Je pense que le premier bon point de ce webzine est sa présentation aérée et imagée. On commence habituellement avec un édito, histoire de râler sur l’économie/la politique éditorialiste française et/ou le climat. Ce sont des fans qui travaillent avec des fans pour des fans.

Ce numéro voit poindre une nouveauté avec l’interview d’un poète belge, Jérémie Sallustio (tiens ! un collègue, prof de philo), et poursuit avec le gros du webzine : les nouvelles. Quelles histoires Absinthe nous réserve-t-elle ce mois-ci ? Car il est bon de préciser que l’équipe du webzine propose chaque mois un thème différent, pour contraindre et stimuler les auteurs. Les écrivains de septembre ont planché sur le thème « nouveau départ » et produit une pléthore de textes aux angles divers. Horreur, SF, fantasy, dark, light, steampunk, rétro-fiction, tous les styles des littératures de l’imaginaire sont au rendez-vous. Qu’on soit un parisien enfermé dans le métro plusieurs heures par jour ou un habitant de la campagne, c’est toujours agréable de voyager dans d’autres univers. Les auteurs font preuve d’une imagination rafraichissante.

Les facettes d’un monde, par Christophe Valat

Style gore et pourtant plein d’espoir. Je le signale souvent dans mes chroniques sur les anthologies : ce n’est pas facile de débuter un recueil. Toute la pression repose sur le premier. Si on trouve l’histoire ennuyeuse, on peut être tenté d’abandonner le tout. La nouvelle est bien écrite, le style est fluide. Je ne sais pas si l’auteur a voulu faire un clin d’œil à al nouvelle série Touch (dans laquelle Kieffer Sutherland a 24heures pour crier et sauver des tas d’inconnus) avec les différents points de vue. La fin est pas mal mais prévisible.

 

Hamelkand, par Basak

Science-fiction. D’entrée, j’aime bien l’univers et ce que ça dénonce mais avancer trop de vocabulaire original d’un coup, c’est risqué. Je ne sais pas si le lecteur profite pleinement de toutes les inventions glissées dans les néologismes. La nouvelle a une belle densité et construit rapidement son univers futuriste (mais malheureusement si proche). C’est intéressant d’avoir une héroïne dans un univers SF (ça change des derniers blockbusters de l’été). Le nouveau départ concerne ici toute une partie de la population.

 

La bénédiction, par Alex Evans

Fantasy. C’est le genre d’univers auquel j’accroche facilement (les premières lignes de description dénotent une maîtrise du style) mais c’est gênant de lancer quatre personnages principaux dans une nouvelle. On n’a pas le temps de les connaître. Nous suivons donc les aventures de trois assassins et d’un esclave-guerrier dans une cité frappée par la maladie. Le thème du nouveau départ est ici plus personnel et « accidentel ».

 

Chime & chimera, par Florian Bonnecarrère

Rétrofiction magique. Cette nouvelle a l’air d’être un grand n’importe quoi à mi-chemin entre un steampunk dénonciateur et un univers magique sportif mais tout prend sens au dernier moment. Pas mal !

 

La solarienne aux dreadlocks noires, par Julien Giovannoni

Et on poursuit avec de la SF « pépère ». Je devrais dire de la SF classique parce que l’univers évoque pas mal Star Trek avec l’expansion spatiale et l’académie, mais un Star Trek non-utopique.

Déjà je voudrais effectuer une comparaison avec Hamelkand, l’autre nouvelle de SF. L’histoire de Basak se situe dans les « années 2080 » et par conséquent on suit l’évolution des technologies contemporaines (métro, réseau social, surveillance des citoyens). La nouvelle pointait les excès de notre civilisation et, en ce sens, a une vraie pertinence. En revanche, la nouvelle de Julien (qui a de nombreuses qualités, j’y reviendrai ensuite) me paraît étrange. On parle d’un vingt-troisième siècle où le système éducatif serait inefficace et où l’intolérance continuerait de se développer. Si l’histoire se déroulait au vingt-et-unième siècle je pourrais comprendre mais un univers où les humains côtoient d’autres civilisations ne devrait-il pas être « meilleur » ? C’est un débat qui mériterait un édito…

Sinon, comme je le disais, la nouvelle aborde des thèmes sérieux comme l’éducation ou l’intolérance. La bande d’aliens est sympathique. On sent que l’auteur a des références puisqu’il glisse pas mal de clins d’œil à des classiques.

L’histoire fait du système scolaire un nouveau départ. Belle métaphore.

 

Julien Giovannoni vient de lancer un magazine et mène un chantier de 4 romans. Vous pouvez le suivre sur son blog : http://juliengiovannoni.blogspot.fr/

 

Cloué au ciel, par Frédéric Pieters

Joli univers steampunk. On suit les aventures d’un monstre changé en créature ailé mais le monstre n’est pas celui qu’on croit. J’ai particulièrement aimé le tic de langage du découpeur. L’auteur a bien réussi ses deux personnages principaux.

 

Un certain jour du mois de mai, par Simon Reaude

Cette scène pourrait se dérouler n’importe où dans notre monde, avec n’importe qui. Elle illustre le thème du départ, ou plutôt le sentiment qui précède ce départ.

 

Le meilleur schéma, par Antoine Stocker

De la SF « mésopotamienne » ai-je envie d’écrire. L’idée d’une société qui gère les « nouvelles vies » rappelle assez les Thanataunotes de Bernard Werber. Même si j’ai senti venir la chute, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette nouvelle. L’univers est bien calé. On a envie de connaître la fin. A quand le bar-pharmacie ?

 

Céleste empire, par Aaron Mcsley

La nouvelle choisit un décor historique avec un marin anglais embarqué sur un bateau dans ce qui semble être le dix-neuvième de l’empire britannique et on constate rapidement qu’il s’agit d’une uchronie où les rôles sont inversés (j’aime bien ce schéma). Je ne veux pas dévoiler la fin mais le nouveau départ est ici… un peu triste.

 

Vous pouvez suivre l’actualité d’Aaron, éditeur d’Absinthe, sur : https://sites.google.com/site/aaronmcsley/home

 

Itinéraire, par Shalmeth

On pourrait dire qu’il s’agit ici de « green SF » (je sens que je vais déposer un copyright sur le concept) : de la SF écolo. Dans un avenir où les humains décideraient d’entrer en symbiose avec la nature, que se passerait-il ? J’aime bien la construction de l’univers et le style organique des descriptions mais la fin m’a un peu laissé… sur ma faim.

 

Vous pouvez suivre l’actualité de Shalmeth : http://www.tellyon.fr/auteur/shalmeth/

 

Game over, par Anaïs Hanotte

De la SF assez amusante. Anaïs reprend les Mondes de Ralph avec une sorte de Lara Croft et on suit les aventures du personnage.

 

Cristallisation, par Cédric Girard

« Red fantasy » (je décline) : Histoire d’amour et d’archerie teintée de fantasy.

http://www.plcoder. net/

 

G tintinnabulum, par Effimero

L’histoire d’une jeune fille enfermée dans un hôpital psychiatrique.

 

L’anniversaire, par David Miserque

MDR ! Au début, je me demandais en quoi la nouvelle appartenait aux genres de l’imaginaire mais la chute est très bonne.

 

Retrouvez 2 nouvelles gratuites de David Miserque sur : http://editions-raven.com/catalogue

 

Renaissance, par Célia Joseph

D’ordinaire les anthologies gardent les nouvelles « originales » pour la fin aussi je m’attendais à quelque chose de décalé mais finalement cette dernière nouvelle colle parfaitement au thème. On reprend la figure classique du phénix qui illustre le thème du nouveau départ.

Poèmes

On poursuit avec 8 poèmes. Vous vous doutez que je ne vais pas rédiger de résumé, d’abord parce qu’un poème est court et qu’ensuite on ne le lit pas comme un mémo. Les thèmes sont variés. Vous rencontrerez des formes classiques en vers ou modernes en prose.

Histoires à suivre

Et enfin on termine par les « histoires à suivre ». Absinthe a ressuscité une pratique courante au dix-neuvième siècle : le roman feuilleton. Chaque mois, vous pouvez découvrir un nouveau chapitre des deux sagas diffusées. Et si on a raté les précédents épisodes ? Mince… tant pis pour vous… Vous n’allez rien comprendre… Ce n’est pas comme si on pouvait télécharger gratuitement tous les numéros d’Absinthe sur le site. Ah mais j’y songe ! On peut le faire ! Bref, quand vous aurez rattrapé vos chapitres (mais on peut faire sans) vous pourrez plongez dans ce « Jump » à la française.

La geste des démons de Sylvain Larosse

Thème surexploité des anges et des démons (mais on me fera remarquer que je suis mal placé pour faire cette remarque J). On pourrait s’attendre à un roman fantasy orienté vers le combat (à la manière des mangas shonen comme Devil Devil, sur le même thème) mais Larosse a choisi un style de narration qui correspond davantage, me semble-t-il, aux romans fantasy pour adolescentes. On a plus d’héroïnes féminines et le roman accorde une grande place aux sentiments des personnages et aux relations interpersonnelles.

Manoir de Vofa Vitlaus

Le style évoque Saw ou les films à énigme (comme la trilogie canadienne Cube). Des personnages issus de différents siècles se réveillent dans un lieu mystérieux. C’est l’occasion pour l’auteur de moquer les travers et les stéréotypes de chaque époque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chronique 16: Parchemins et traverse n°3

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Parchemins et traverses n°3 :

Une « vieille » anthologie gratuite, redécouverte récemment, et qui méritait bien une petite chronique.

–          Les bienfaiteurs de Michael Fontaine

Dans un monde post-apocalyptique, les survivants rencontrent une méduse géante mandatée par une association interstellaire. La chute est drôle.

–          Ombroisie de Mellony

Pas mal ! Enfin une histoire de filles qui ne donne pas envie de jeter son ordi par la fenêtre. L’histoire suit une jeune femme qui se découvre une ombre en trop. Ca peut rappeler un monstre épouvantable du Doctor Who et la nouvelle prend des allures de Horla quand l’héroïne note régulièrement dans son journal l’évolution de ce phénomène. J’ai trouvé l’histoire bien construite. Le récit reste prenant jusqu’au bout. C’est de la fantasy romantique assez créative.

Vous pouvez retrouver les autres nouvelles de cette auteure sur son ancien site : http://nouvellesdemenolly.free.fr

–          L’errance du prosélyte de Cédric Chaillol

Le thème intéressant : de la SF centrée sur la religion. La foi des croyants devient une sorte de carburant (un peu comme pour les Oriis de Star Gate) et par conséquent le prosélytisme devient une affaire sérieuse pour ne pas dire vitale.  Encore une fois la chute est assez surprenante.

–          Qui souffle sur le mobile des mondes de Thibaut le Songes

Ce texte court a plutôt des allures de poème en prose.

–          Prévisions de Michaël Doguet

SF. Une météorite tombe sur terre, affecte les locaux et en premier lieu un chat. Cette nouvelle ressemble aux comédies romantiques où vingt vies différentes se croisent. Ici les visions ajoutent une touche fantastique intéressante.

–          Bulle, le monde et moi de Régis Aubert

L’histoire courte de l’ami de Bulle. Une réflexion sur la création. Cette nouvelle prend également des allures de poésie en prose.

 

Chronique 15: Sapkowski, Le Sorceleur

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Sapkowski, Le sorceleur

Pour changer des milliers d’auteurs anglo-saxons, on peut lire de la fantasy continentale, française, allemande, italienne voire polonaise.

C’est avec cette nouvelle, Le sorceleur, que Sapkowski se fait connaître et qu’il crée son héros Géralt de Riv (qui aura droit à son adaptation en série télé et en jeux vidéos sous le nom de Witcher).

Les premières aventures sont rédigées sous forme de nouvelles (vous les trouverez en recueils chez Bragelonne) et suivent généralement un schéma simple : le héros cherche un monstre et le tue. Sapkowski a ensuite repris son personnage pour écrire une vraie saga de fantaisy en cinq volumes avec un héros, une archère, un guérisseur, un guerrier, un nain, etc.

Résumé : Le sorceleur Geralt de Riv est embauché pour une mission : détruire une stryge. Il s’avère que le monstre est en réalité la princesse du coin frappée d’une malédiction. Certains aimeraient que l’héritière trouve la mort mais Geralt n’est pas le tueur de monstres dépourvu de cervelle qu’on croit.

Com : Je vais manquer d’adjectifs laudatifs pour qualifier l’œuvre de Sapkowski tellement je suis fan. Le sorceleur, la première nouvelle, est déjà un petit bijou. Bien écrit. Le style est limpide. L’action prenante. Le personnage principal rappelle Elric et Conan, de par son côté héros solitaire. J’ai plutôt envie de la comparer à Loup solitaire le héros de Joe Dever, d’abord parce que son surnom est « loup blanc », parce qu’il est solitaire ensuite et surtout parce qu’il cumule plusieurs talents. Geralt use de sa tête, de ses muscles, de ses glaives, de ses potions, de ses artefacts, de sa magie et même de virii pour affronter les monstres. Vive le dopage !

Sapkowski aime détourner les Contes de fées dans les premières aventures du sorceleur et on apprécie. Le lecteur doté d’une solide culture classique sera plié de rire en opérant les connexions tout au long du texte. Je ne donne pas d’exemple, ce serait gâcher le suspense.

Sapkowski est polonais et ça se voit. Je ne veux pas faire une lecture contextualisante de son œuvre mais c’est criant. Même si l’auteur adopte des positions très modernes sur la question de la liberté sexuelle ou de l’avortement (alors que la Pologne est un pays très catholique et assez conservateur), l’esprit polonais déborde. Pour ceux qui ne connaissent pas du tout ce formidable pays, je vais rappeler que la Pologne a été envahie à la fois par les Nazis et par les Communistes. Ils ont eu la peste ET le choléra. Du coup, les Polonais sont moins douillets que les Français, on ne les voit pas se plaindre pour tout et n’importe quoi. Cet « esprit » se ressent dans le personnage de Geralt (et chez ses compagnons). Il est conscient de ses capacités mais extrêmement modeste. Le sorceleur ne se plaint jamais, même s’il est à moitié mort. Le héros fait passer le bien avant tout.

On mentionne à plusieurs reprises deux camps qui se font la guerre : les royaumes libres (mais égoïstes calculateurs) et l’empire des méchants au nord. Ce serait un peu facile de faire le rapprochement avec l’Histoire de la Pologne. Le héros ne prend pas parti. La guerre est un danger en soi. La série échappe très vite au manichéisme affiché d’entrée pour se recentrer sur qui est vraiment important : sauver la demoiselle en détresse.

Chronique 14: Dick. Tome 2. Nouvelles de 1953 à 1981.

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Bonjour,

je profite des rééditions récentes de l’oeuvre de Dick pour continuer à présenter cet auteur incontournable. Rassurez-vous, je ne vais pas détailler toutes ses nouvelles (l’auteur en a réalisées 121 en l’espace d’une vie), j’en garde encore quelques-unes pour un coup de projecteur. Je l’ai déjà écrit mais je le redis: c’est un auteur extraordinaire, riche et créatif. Le succès de la websérie française « Le visiteur du futur » prouve que les nouvelles générations aiment toujours ce genre d’histoire dont Dick a posé les fondements.

 

–          Foster, vous êtes mort

Si on faisait payer aux citoyens les abris ? La peur et la guerre constituent des arguments de vente formidables. Dès que les citoyens auront investi dans le modèle dernier cri, on leur annoncera qu’une nouvelle arme peut les détruire et qu’il faut tout changer.

–          Copies non conformes

Dans un futur post apocalyptique, les humains survivants se reposent trop sur des extra-terrestres qui répliquent les objets. Critique de la paresse et de la bêtise humaines.

–          L’ancien combattant

Les vénusiens construisent un faux soldat venu du futur pour que les Terriens croient qu’ils vont perdre la guerre interplanétaire s’ils la déclenchent. J’ai adoré cette histoire. Dick gère très bien les histoires de voyage dans le temps et nous offre un joli tour de manège.

–          Où il y a de l’hygiène…

Dans un monde partagé entre puristes contre naturistes, le héros essaye de penser librement. Défende de la liberté de pensée si chère aux auteurs de SF.

–          Question de méthode

Une agence traque les problèmes. Je ne dirai rien sur cette nouvelle parce qu’il faut la lire. Je pense que l’auteur a choisi de ne pas se montrer explicite pour laisser au lecteur le soin de combler les blancs. Fin excellente.

–          Un monde de talents

Le futur voit apparaître différentes classes de psioniques: précogs, télépathes et télékinésistes. Une quatrième classe émerge : les anti-psy. Enfin le fils de deux précogs est un voyageur temporel qui se déplace le long de son propre sillon.

–          Consultation externe

Après la guerre, il reste quelques psioniques. Le voyageur temporel essaie d’empêcher la guerre en vain…

–          Autofab

Le paysage du futur est formé par des usines automatisées. Les humains s’arrangent quand même pour déclencher un conflit avec pour enjeu les matières premières.

–          Marché captif

Une femme va dans le futur pour vendre ses produits à des survivants de l’holocauste nucléaire. Je ne sais pas si on peut dire que c’est « drôle » ou alors on parlera d’humour noir mais c’est une vision « pragmatique » des pouvoirs.

–          A l’image de Yancy

Quoi de mieux qu’une émission de télé pour la propagande?

–          Rapport minoritaire

Vous avez déjà vu le film avec Tom Cruise mais n’hésitez pas à relire la version originale.

–          Phobie or not phobie

Un humain est victime d’une phobie liée à sa mort dans la futur. La vie du précog est conditionnée par son traumatisme futur.

–          Machination

Double machination ! Je ne dévoile rien de l’intrigue. Dick réussit en l’espace d’une courte nouvelle à construire une double machination du niveau d’une série policière.

–          Le retour des explorateurs

Les martiens renvoient indéfiniment les clones des mêmes explorateurs. Petit côté Oblivion :)

–          Si Benny Cemoli n’existait pas

Après l’holocauste, l’homéojournal invente un personnage responsable de la guerre.

–          Un numéro inédit

Dans le futur il n’existe qu’un parti républicain-démocrate et une femme dirige. Chaque bloc peut essayer de la divertir avec un numéro artistique.

–          Projet Argyronète

Aller dans le passé pour rencontrer les prescients, c’est-à-dire les auteurs de SF.

–          Ce que disent les morts

La voix d’un mort venue de l’espace occupe tous les canaux de communication.

–          L’Orphée aux pieds d’argile

Une agence propose aux gens de remonter le temps pour inspirer leur artiste favori. Le héros va voir un auteur de SF mais le désinspire. La nouvelle est une mise en abyme puisque la nouvelle elle-même est écrite par l’auteur de Sf qui raconte du même coup comment l’histoire finit.

–          Le suppléant

Le président des USA est un super-ordinateur. Son suppléant, un syndicaliste, se tourne les pouces.

Chronique (bonus): Dette d’os

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Goodkind est, selon les chiffres, le successeur de Tolkien. Une saga fleuve de 12 volumes. 30 millions de livres vendus. Une série télévisée tirée de son univers.

Dette d’os est un préquel mettant en scène Zed quand il était encore premier sorcier. Le novella ne compte qu’une centaine de pages et se lit rapidement (par rapport aux volumes de mille pages de la saga principale).

Résumé : Le seigneur Rahl menace les royaumes libres. Ses dernières armes, les ombres, font des ravages. Le premier sorcier Zed dirige la résistance. Et au milieu de cette guerre, une jeune femme vient chercher de l’aide à la citadelle du sorcier.

Com : J’ai bien aimé retrouver le personnage de Zed. Goodkind est un créatif. Il aurait pu se reposer sur son univers mais non, il en rajoute, il en rajoute. La fin est brillante (comme d’habitude). L’auteur introduit la magie des ossements et parvient à la dépasser rapidement. Encore une fois, les personnages apprennent une règle de sagesse mais je vous laisse le soin de découvrir laquelle.